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Bouger les lignes : à travers le monde, ils sont nombreux à oeuvrer !

 Faire bouger les lignes est une aventure collective. Sur l’ensemble de la planète, de nombreux acteurs se mobilisent en mettant l’art et la culture au service de l’éducation, en agissant pour la reforestation, en donnant accès à l’eau potable à de nombreuses communautés au Kenya par un procédé des plus ingénieux ou encore en luttant contre la précarité infantile. Rencontre avec Gary Laporte, Constantino Aucca Chutas, Beth Koigi et la Break Poverty Foundation. 

 

Par Mélanie Bénard-crozat 


 

Explorer toutes les forces de l’art  


Gary Laporte a lancé il y a deux ans, NAGA Collectivo avec pour objectif la création d’un projet social, artistique et culturel avec des artistes sud-américains engagés. Le but : donner naissance à un programme d’éducation culturelle et artistique en Amérique du Sud. Dans cette aventure, Gary Laporte rassemble près d’une quinzaine d’artistes venus du Brésil, d’Equateur, du Mexique, d’Argentine, de Colombie, du Pérou et du Chili. Au-delà du programme, il a désormais créé une agence « à but social, explique-t-il. Sur leurs ventes, les artistes sont commissionnés à 60 %, 30 % de la vente sont consacrés au financement du programme et 10 % sont reversés à des associations ».¹ Parmi les artistes, Paulo Ito utilise les murs de sa ville pour véhiculer des messages socio-politiques avec humour et sarcasme ; Kueio, né femme devenu homme, a grandi dans les favelas de Sao Paulo et s’est émancipé et affirmé grâce à l’art ; Ninin, Argentin, raconte l’histoire des peuples indigènes en souffrance, victimes d’une « colonisation moderne » ou encore Enivo et Alexandre Puga qui rendent hommage au peuple brésilien à travers leurs peintures et peignent directement au coeur des favelas avec les enfants… Des artistes à suivre, à encourager et à soutenir.


Des expositions à venir et toute l’actualité à suivre sur : https://nagacreativo.com 


Mobiliser les communautés autochtones pour reboiser les Andes  

 

Sur les pentes escarpées des Hautes Andes, peu d’arbres peuvent s’enraciner. Avec l’activité humaine massive, la déforestation désespère. Aussi, Constantino Aucca Chutas, biologiste péruvien, a décidé de restaurer les forêts locales naturelles qui constituent un habitat pour la faune unique des Andes et jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau amazonien en plantant des espèces endémiques, notamment le Polylepis. 

« Les forêts de Polylepis recueillent en effet l'humidité des brumes montantes et la renvoient dans le bassin fluvial situé en contrebas. Elles abritent de nombreuses espèces endémiques dont plus de la moitié figurent sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). »² La reforestation est aujourd’hui plus que jamais vitale pour faire face aux changements préoccupants que subissent les Hautes Andes : les glaciers reculent, les sols s’érodent et les ressources hydriques déclinent. Sans compter la disparition des espèces autrefois emblématiques de ces montagnes comme le condor des Andes, le chat des Andes et l’ours à lunettes. 

En près de 24 ans, le biologiste, son Asociación de Ecosistemas Andinos (ECOAN) et tous les bénévoles ont permis de planter 4,5 millions d'arbres indigènes et de créer 16 zones protégées dans les montagnes de Vilcanota au Pérou, avec la participation de plus de 60 communautés. Depuis, Constantino Aucca Chutas a co-fondé Acción Andina, une organisation internationale qui essaime les projets de reforestation à travers le territoire des Andes. Désormais, il supervise les plans ayant pour objectif de protéger et de restaurer 1 million d’hectares de forêts d’importance cruciale en Argentine, en Bolivie, au Chili, en Colombie et en Equateur, ainsi qu’au Pérou, au cours des 25 prochaines années. 

Les communautés andines sont au coeur de la démarche et très engagées dans la conservation de ce patrimoine naturel. 

Constantino Aucca Chutas a reçu le Prix Rolex dans le cadre de l’Initiative Perpetual Planet. Pour récompenser ses efforts, M. Aucca s’est également vu décerner le titre de « Champion de la Terre » dans la catégorie « Inspiration et action », la plus haute distinction environnementale décernée par les Nations Unies. 

 


Produire de l’eau à partir de l'air


Beth Koigi, entrepreneuse kényane, a co-fondé en 2017 avec la scientifique canadienne spécialiste de l’environnement Anastasia Kaschenko et l’économiste Clare Sewell basée à Oxford, une entreprise sociale, Majik Water, qui installe des générateurs d’eau atmosphérique (AWG) dans les communautés non raccordées au réseau. Ses générateurs extraient l’humidité dans l’air, filtrent et minéralisent l’eau, le tout dans un seul dispositif alimenté par l’énergie solaire. L’entreprise installe cet appareil dans des régions arides et semi-arides, et donne ainsi accès à une ressource essentielle à ceux qui en ont le plus besoin. Car même avec 30 % d’humidité, les générateurs d’eau atmosphérique peuvent récolter assez d’eau pour permettre aux populations d’étancher leur soif.  

Comment ça marche ? « Un ventilateur aspire l'air et le fait circuler sur une surface froide. La condensation forme des gouttes d’eau à la surface, comme sur un verre de limonade frais par une journée chaude. L’eau est ensuite filtrée et des minéraux essentiels, comme le calcium et le magnésium, sont ajoutés pour rendre l’eau potable. » témoigne Beth Koigi.³

L’entreprise exploite actuellement 20 grandes et 10 petites unités qui produisent plus de 200 000 litres d'eau potable par mois.

Le prochain projet de Beth Koigi prend la forme de « kiosques à eau » prévus au cœur de l’un des plus grands camps de réfugiés en Afrique, qui englobe le camp de Kakuma et la colonie de Kalobeyei, dans la région extrêmement aride de Turkana, dans le nord du Kenya. Majik Water a déjà établi un premier générateur d’eau atmosphérique qui permettra via un détaillant local de vendre l’eau qu’il produit à un prix équitable. La start-up a également noué un partenariat avec une ferme solaire pour alimenter le dispositif et a formé deux électriciens à sa maintenance. Avec ce modèle économique, chaque générateur devrait couvrir ses propres coûts de fonctionnement tout en fournissant de l’eau potable et propre à 50 foyers chaque jour. L’objectif est in fine de rendre les communautés autonomes et résilientes face au réchauffement climatique. 

 

Beth Koigi a reçu le Prix Rolex dans le cadre de l’Initiative Perpetual Planet. 

 

Combattre la précarité infantile 

 

Plus de 300 000 enfants âgés de 0 à 3 ans vivraient en France dans des conditions de privation alimentaire et hygiénique. Face à cette urgence, le ministère des Solidarités et des Familles a initié l’opération « Pacte pour les Premiers Pas », avec pour objectif de fournir une assistance matérielle essentielle aux familles les plus vulnérables. Une initiative soutenue par une subvention publique de plus de 6 millions d’euros. En partenariat avec Break Poverty Foundation, l’Agence du Don en Nature et Dons Solidaires unissent leurs forces pour offrir des produits d’hygiène essentiels à 100 000 bébés confrontés à la pauvreté. « Les 1000 premiers jours de la vie d’un enfant constituent une période fondamentale où chaque interaction, chaque aliment ingéré, et chaque soin prodigué contribuent de manière significative à son développement. » souligne la fondation. 

L’opération prévoit la fourniture de 13,5 millions de couches, 11,2 millions de lingettes et 200 000 produits de soin, tels que des liniments et des crèmes. Ces produits sont acheminés tout au long de l’année 2024 vers des centaines d’associations partenaires, qui se chargeront ensuite de les redistribuer aux familles bénéficiaires dans tout le pays. « En unissant nos efforts, nous pouvons faire une réelle différence dans la vie des familles les plus vulnérables. Ensemble, faisons grandir les enfants, pas la pauvreté. En offrant aux nouveau-nés les soins et les ressources dont ils ont besoin pour prospérer, nous investissons dans un avenir meilleur pour toute la société. Cependant, cette lutte ne peut être gagnée que par une mobilisation continue et un engagement soutenu de tous les acteurs concernés. » souligne la fondation Break Poverty. 

 






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