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Les PME et ETI au cœur de la stratégie d’innovation française

L’innovation est un facteur déterminant de la productivité et de la croissance à long terme. Les PME et ETI sont l’épine dorsale de l’économie européenne et un vecteur très important d’innovation et d’emplois au sein du marché unique. Très nombreuses au coeur des filières d’avenir et d’excellence, elles doivent pouvoir compter sur l’Etat pour accélérer leur passage à l’échelle, renforcer leur capacité d’innovation et encourager la motivation des talents au travers de parcours stimulants et de perspectives durables et inclusives.


Rencontre avec Olivia Grégoire, Ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme.


Propos recueillis par Lola Breton

« Depuis 5 ans, nous avons pris des mesures importantes pour favoriser l’emploi, avec une action massive en faveur de la formation et de l’apprentissage, pour créer les talents, mais aussi en faveur du salaire net, pour conserver ces talents. » Olivia Grégoire et le reste du gouvernement ont bien cerné la nécessité de retenir les cerveaux français. Il faut dire que les derniers chiffres ne sont pas encourageants. Selon la Conférence des Grandes Ecoles, en 2020, 13 % des diplômés étaient en poste à l’étranger. Les salaires nationaux, jugés trop bas, sont souvent mis en cause, dans cette fuite des cerveaux. « L’argent n’est pas la réponse à tous les maux de la société, répond la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme. Plus fondamentalement, il y a en effet une quête du sens chez les jeunes travailleurs à laquelle toutes les entreprises doivent répondre. J’ai porté l’idée de société à mission avec la loi Pacte et j’entends continuer à la faire prospérer ces prochaines années, en particulier dans les TPE et PME qui sont celles qui y ont le plus recours. »

Au-delà de cette qualité de société à mission, qui implique lors de la création d’une entreprise l’inscription d’une finalité d’ordre social ou environnemental dans ses statuts, le gouvernement assure travailler à la mise en valeur des PME, à la fois dans leur capacité d’innovation et dans leur rayonnement à l’international. « Mais la France manque de grosses PME et d’ETI, ancrées sur leur territoire et présentes à l’export, par rapport aux autres pays européens notamment l’Italie et l’Allemagne », concède la ministre. La France a tout de même la chance de faire partie de l’Union européenne. Et la commission Von der Leyen se fait un point d’honneur à mettre la recherche et l’innovation au cœur de son mandat, notamment pour gagner en compétitivité face aux Etats-Unis et à la Chine. « Les PME et ETI sont l’épine dorsale de l’économie européenne et un vecteur très important d’innovation et d’emplois au sein du marché unique. Elles contribuent au maintien de l’industrie dans le tissu productif, au développement des territoires et au rayonnement de la qualité des produits et services européens à l’international. Or, ces structures sont souvent les premières à être touchées par les perturbations du marché, comme aujourd’hui l’envolée des prix de l’énergie, ou les difficultés d’approvisionnement. Nous travaillons jour après jour en cette période difficile, pour trouver le dispositif le plus adapté afin de soutenir nos PME à un coût raisonnable pour les finances publiques. Nous venons d’ores et déjà de nous accorder à un plafonnement de vente du megawattheure à 180 euros pour les producteurs d’énergie au-delà duquel l’Etat captera la marge effectuée pour la redistribuer directement aux entreprises et aux collectivités les plus fragiles via les mécanismes d’aides existants. D’autres travaux doivent également être menés. L’inclusion des PME dans les Projets importants d’intérêt européen (PIIEC) doit encore être renforcée par exemple, notamment en allégeant, pour ces entreprises, la charge administrative de la procédure et le processus d’examen de compatibilité des aides. »


« L’Etat doit donc être un facilitateur, et non un frein. » Cette notion de facilitateur se retrouve dans les commandes publiques. « Aujourd’hui, 30 % des achats de l’Etat reviennent à des PME, souligne Olivia Grégoire. Cela passe par certains dispositifs du code de la commande publique comme l’allègement des procédures sur les achats innovants, qui permettent aux PME innovantes de mieux accéder aux marchés d’un montant de moins de 100 000€. Les acteurs publics échangent davantage avec les PME et ETI en amont des consultations de marchés publics, afin de mieux les accompagner. » A l’aube des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, cet engagement est parlant. La filière de sécurité s’est engagée à ce que 30 % des marchés liés aux JOP soient accordés à des PME, ce qui participera, étant donné le contexte, à un certain rayonnement de ces entreprises.

Mais il faut penser plus loin que 2024. Les défis qui nous attendent sont multiples et les entreprises ont un rôle majeur à jouer, notamment en termes d’innovation pour avancer dans la bonne direction. « Le président de la République a présenté il y a quelques mois le plan France 2030 dont l’objectif est d’accentuer l’innovation et la recherche dans le but de faire monter en puissance de nombreuses entreprises dont le secteur d’activité permettra d’assurer notre souveraineté et notre indépendance tant à l’échelle mondiale qu’à l’échelle européenne, souligne Olivia Grégoire. Les différentes crises que nous venons de traverser et que nous continuons à vivre en attestent. Nous devons faire émerger les futurs champions technologiques de demain et accompagner les transitions de nos secteurs d'excellence : de l’industrie à l’agriculture en passant par l’aéronautique. » Parmi les objectifs mis en avant au sein de France 2030, on retrouve la volonté de devenir le leader de l’hydrogène vert, de faire émerger des réacteurs nucléaires de petites tailles et avec une meilleure gestion des déchets, et décarboner notre industrie pour faire baisser de 35 % les émissions de gaz à effet de serre. Un investissement de 8 milliards d’euros est prévu pour aider les parties prenantes à atteindre ces objectifs.

Des objectifs de travail qui ont du sens et permettent d’avancer vers un avenir durable. Un argument essentiel de recrutement pour les entreprises françaises qui cherchent à attirer de jeunes diplômés en quête de sens. « Nos salariés et plus principalement les jeunes cherchent du sens dans ce qu’ils font. L’innovation au service de la transition écologique est une première réponse à cette crise des vocations. Quoi de plus satisfaisant que de se dire que l’on travaille pour quelque chose de plus grand que nous et qui a un impact positif tant sur son quotidien que celui des autres. En ce sens, l’innovation ne doit pas se faire dans un objectif capitalistique dur mais dans un esprit responsable pour qu’il bénéficie tant à l’emploi qu’à l’environnement. »



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