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Conquérir ou protéger la paix : un défi collectif

Hedva Ser est l’une des artistes les plus engagées au monde en faveur de la Paix. Au coeur de ses sculptures en bronze, dont le célèbre Arbre de la paix, qui ornent son atelier parisien, elle nous reçoit pour partager ses convictions, ses engagements, sa volonté d’unir les peuples au coeur de la route de la paix qu’elle porte pour l'UNESCO, sa foi en l’avenir et en la jeunesse.


Rencontre avec une femme d’exception, Hedva Ser, Artiste, sculpteur et ambassadrice de bonne volonté à l’UNESCO pour la diplomatie culturelle.


Propos recueillis par Mélanie BENARD-CROZAT



La nature, la vie et l’art


Artiste, peintre, et sculpteur, Hedva Ser crée ses premières oeuvres dès l’enfance. « L’art est dans mon ADN. Très vite, j’ai eu envie de le partager et de lui donner du sens. J’ai choisi la sculpture et le bronze pour transmettre des messages qui me semblent importants, que je puise dans mon histoire personnelle. La vie, sa fragilité, la destruction et la reconstruction, habitent mes créations. Cela fait référence à mes origines et à l’histoire de mes parents rescapés d’Auschwitz. Mais aussi à ce que me disait mon père : il faut savoir pardonner mais ne pas oublier. »

Force et puissance se diffusent donc au travers de l’Arbre de la paix, sculpture désormais célèbre qui trône dans de nombreux pays à travers le monde et se veut depuis 2012, le présent officiel que l’UNESCO remet à chaque artisan de la paix dans le monde. « L’arbre symbolise la vie. La puissance, la poésie. Lorsque j’ai souhaité créer cette sculpture au service de la paix, ce fut une évidence. Ce serait un arbre. Son tronc, ses racines et ses branches qui se mêlent représentent un enchevêtrement de branches noueuses et de colombes envolées. Il reflète le vivre ensemble, l'équilibre, la compréhension entre les peuples et les nations. »

Ses rameaux de bronze s’animent et prennent tour à tour la forme du Chaï, qui dans la Bible signifie la vie, du croissant de lune de l'Islam, et du Shin, la première lettre du mot hébreu Shalom et du mot arabe Salam. Il illustre ainsi les trois religions monothéistes. « Avec cet Arbre de la paix, l'universel et le partage nous sont donnés à voir et à sentir. Mais cette sculpture n'est pas que symbolique, elle est aussi végétale et écologique : en représentant un arbre, elle incarne de la manière la plus tangible qui soit le lien qui nous unit aux vivants et à la biodiversité. »

Le Pape François, Shimon Pères, l’Imam Ben Essayouti de Tombouctou, Abdou Diouf, ou encore Sheikh Hassina du Bangladesh ont reçu le trophée de l’Arbre de la paix. « C’est une immense joie de savoir que cet arbre de la paix diffuse un message d’espoir, de tolérance et de respect à travers le monde. Je crois qu’à un moment de notre histoire où ces valeurs de tolérance et d'humanisme sont fragilisées, voire en danger, l’ensemble du monde en a profondément besoin. » Inquiète du manque de tolérance, d’ouverture et du repli sur soi que connaît notre société, l’artiste internationale alerte sur « un monde fragile, où les libertés sont en danger, le respect pour les femmes bafoué, l'esclavage des enfants encore d’actualité et l’accès à l’éducation faisant toujours défaut ». Mais elle veut aussi porter un message d’optimisme et d’espoir « De nombreuses actions et initiatives naissent chaque jour dans le monde, mettant ainsi en lumière ce que l’humanité a de plus beau. »


Diplomatie culturelle et route de la paix


Créant des ponts entre les différentes parties de la planète, la diplomatie culturelle se donne l’objectif de rassembler grâce à l’art et à la culture, les citoyens du monde « Art Camp Colors for the planet nous permet ainsi de réunir des artistes de différents pays en conflit qui créent, grâce à un travail artistique et profondément humain réalisé en commun, un pont pour la paix. Cette initiative née en Andorre se développe aujourd’hui dans toute la Méditerranée avec le soutien de Malte notamment, mais aussi en Afrique, en Guadeloupe, aux Philippines ou encore aux Emirats Arabes Unis. »

C’est une des actions qui jalonne la route de la paix. A travers ces rendez-vous et actions clés fédératrices et les différents arbres déjà implantés sur plusieurs continents, l’artiste internationale poursuit un but, celui d’ « ouvrir un chemin universel de dialogue et de tolérance au service de la paix pour l’humanité, que ce soit dans le monde physique comme numérique. Y parvenir serait une consécration mais pas une fin en soit car la paix est quelque chose que nous devons chaque jour, soit conquérir, soit protéger. »


Messages à l’humanité


Aux dirigeants, Hedva Ser demande « de renforcer le dialogue entre les pays, les nations, de trouver des consensus sur les grands sujets stratégiques pour notre société d’aujourd’hui et préparer le futur dans le respect des uns et des autres et de la planète ».

A la jeune génération, à ceux qui portent en eux l’avenir, « j’aimerai les sensibiliser, malgré le monde numérique dans lequel ils évoluent, sur l’importance vitale à privilégier le dialogue, et l’écoute, à prendre le temps de se comprendre les uns les autres. A l’image de l’Arbre de la paix, j’invite les jeunes à tendre la main à ceux qui en ont besoin, à rassembler et à unir les communautés pour être les acteurs d’un monde moins individualiste. J’ai confiance en eux. Notre jeunesse a du talent, elle est créative et nos jeunes sont demandeurs et porteurs de sens pour l’avenir. N’oublions pas que la paix est une conquête. Elle est fragile. Notre devoir est de la protéger. Et c'est ensemble que nous y parviendrons. »




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