Transition écologique du port de Sète : un exemple pour les ports durables du XXIᵉ siècle
- camilleleveille8
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Le port de Sète-Frontignan, situé sur la côte méditerranéenne française, s’est engagé dans une transition écologique ambitieuse et structurée depuis des décennies.
2026 sera une année phare avec la volonté d’ancrer l’infrastructure portuaire au cœur et au service de la souveraineté industrielle et de la transition écologique en Occitanie.

2025, la consécration
18 ans après la reprise du port de Sète-Frontignan par la Région Occitanie, la présidente de Région Carole Delga assistait fin 2025 au baptême de la drague Hydromer, innovante et « Made in France » destinée à fonctionner à l’hydrogène, et inaugurait la première électrification à quai du port, permettant de réduire l’empreinte carbone des navires de commerce. Des projets ambitieux pour moderniser et décarboner les activités portuaires en Méditerranée portés par des partenaires publics et privés depuis 15 ans. « Des investissements massifs, 600 M€ au total, ont été réalisés pour faire du port de Sète-Frontignan un outil stratégique au service de l’Occitanie. » déclare la Région Occitanie.¹ Le trafic a été multiplié par deux, plus de 2 300 emplois directs et une dynamique commerciale exceptionnelle. « Cette réussite vient confirmer une conviction forte : celle de la nécessité pour la puissance publique d’être au rendez-vous des grands défis économiques et environnementaux, ici à Sète, tout comme à Port-la Nouvelle, avec le déploiement de la filière de l’éolien flottant et celle de l’hydrogène vert. » ajoutait la présidente de Région.²
Stratégie 2030
D’ici à 2030, près de 150 M€ seront investis sur le port de Sète-Frontignan. Ce dernier prépare en effet son nouveau projet stratégique pour 2026-2030 afin de consolider ses performances économiques, accélérer sa transition environnementale et renforcer son positionnement de hub multimodal et décarboné en Méditerranée. Il est question de la création de 200 emplois directs sur la période, portant l’activité du port à 2 500 emplois directs et 1 500 emplois indirects ;
et du développement des activités avec l’ambition de dépasser les 7 millions de tonnes de marchandises, grâce à la polyvalence des trafics.
La hausse du trafic multimodal s’appuiera sur la complémentarité rail–route–mer–fleuve, avec
l’objectif de doubler la part ferroviaire de 10 à 20%, grâce à la nouvelle plateforme, et la part fluviale, grâce à la mise au gabarit du canal du Rhône à Sète d’ici 2030, soit une économie annuelle de près de 70 000 camions sur les routes. Le port entend également affirmer son positionnement comme le port des transitions énergétiques, grâce notamment à
la connexion de 30% des escales à une alimentation électrique d’ici 2030, et à l’atteinte de l’autonomie énergétique par le déploiement d’ombrières photovoltaïques en autoconsommation.³
Innovation et matériel bas carbone
La transition du port de Sète intègre de véritables innovations technologiques. La drague Hydromer conçue pour réduire l’impact environnemental des opérations de dragage, traditionnellement très énergivores et souvent polluantes en est un exemple. Dotée d’une propulsion électrique et, à terme, alimentée à l’hydrogène vert produit localement, Hydromer émettra, à terme, 20% de CO2 en moins et atteindra zéro émission au port ou au mouillage. Cela représentera alors 700 tonnes de CO2 non rejetées dans l’atmosphère chaque année. Le projet Hydromer s’inscrit dans le cadre de la feuille de route régionale visant à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe.⁴
Réduction des émissions grâce à l’électrification à quai
Une autre avancée majeure dans la réduction des émissions polluantes est l’installation d’infrastructures d’alimentation électrique à quai, permettant aux navires — ferries, cargos ou bateaux de croisière — de couper leurs moteurs thermiques durant leurs escales. Le premier branchement électrique à quai a eu lieu en mai dernier, avec le ferry Danielle Casanova de la compagnie Corsica Linea, pour une toute première escale décarbonée. « Ce sont ainsi 4 800 tonnes de CO2 évitées par an soit l’équivalent des émissions annuelles de 1 800 foyers » souligne la Région.⁵ Avec le port de Sète, ils souhaitent aller plus loin et élargir le dispositif aux navires de croisière d’ici 2028, en raccordant également le quai d’Alger. Cette nouvelle étape se fera notamment grâce au déploiement d’ombrières photovoltaïques en autoconsommation. Afin d’accélérer le déploiement d’infrastructures pour les carburants alternatifs en Europe, la réglementation européenne impose aux grands ports maritimes le raccordement électrique à quai des navires de croisières et de fret d’ici 2030. Tous les ports situés sur le réseau des corridors de transports transeuropéens (RTE-T), dont le port de Sète-Frontignan, sont concernés. « Avec la mise en service de l’électrification de ses premiers quais, le port de Sète devance l’obligation européenne et accompagne les compagnies maritimes dans leur nécessaire adaptation. » déclare la Région.
Sète se positionne comme un port modèle pour la décarbonation et la durabilité en Méditerranée démontrant dans l’action que l’on peut conjuguer performance économique et responsabilité environnementale. « Ensemble, nous démontrons qu’un port peut être à la fois performant, innovant et respectueux de son environnement. Aujourd’hui, le port de Sète franchit une nouvelle étape majeure dans son histoire et dans la transformation de ses activités. L’inauguration des nouvelles infrastructures dédiées aux transitions énergétiques symbolise notre engagement collectif vers un port plus durable, plus sobre et plus innovant. » a rappelé le président du Port Sète Sud de France, Philippe Malagola.
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