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Décarboner l’immobilier : une opportunité, une mission collective

Avec près de 30 % de l’empreinte carbone nationale, l’immobilier est au cœur des défis climatiques. La transition vers du bas carbone ouvre aujourd’hui un marché estimé à 20 milliards d’euros et redéfinit en profondeur le rôle des acteurs du secteur. Réhabilitation du bâti existant, innovation technique, ancrage territorial et nouvelles compétences : l’immobilier se réinvente pour devenir un moteur de transformation durable, sociale et économique.


©  Kindel Media
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Un marché en pleine expansion


Alors que l’empreinte carbone de l’immobilier représente 30 % de l’empreinte carbone française, la filière consciente de sa responsabilité, se structure et s’engage pour concevoir des solutions, ouvrant parallèlement un marché et des opportunités économiques importantes. « Nous sommes sur un levier de réduction des émissions qui est très important. » analyse Marc Lafont, Président de WO2 et d’ajouter : « Rien qu’en Île-de-France, 75 % des immeubles n’ont pas été rénovés depuis 25 ans ». L’idée est désormais de faire basculer tout un parc vieillissant dans l’ère bas carbone. Certaines entreprises ont depuis près de 18 ans anticipé le phénomène et fait de l’immobilier un marqueur de leur identité. « Les engagements sociaux et environnementaux font partie de notre ADN et ce depuis le début de notre aventure en 2007. Depuis 2020 nous sommes certifiés BCorp. Nous souhaitons désormais chercher à savoir comment accompagner les territoires, devenir un réel partenaire de ces territoires. L’immobilier ne sert qu’à porter des projets qui ont du sens» évoque Nicolas Ponson, fondateur et co-CEO de Redman. « Nous traversons aujourd’hui un moment très délicat pour l’immobilier, marqué par de nombreuses turbulences. La RSE, au sein de La Poste Immobilier, représente notre cap, notre phare : c’est ce qui nous permet de rester stables dans ces incertitudes. Cette vision à 360° de l’immobilier durable est pour nous un ancrage fort, qui nous oblige et nous engage à nous dépasser. Faire partie de cette aventure, c’est acquérir des fondements qui ne seront jamais remis en question. » abonde Nicolas Fournel, directeur RSE de LaPoste Immobilier. La bascule est opérée : l’immobilier n’a plus vocation à être une fin en soi, mais un support solide et fédérateur de projets responsables, collectifs, sociaux et territoriaux. Une transition amorcée en France, comme dans toute l’Europe où de nombreux projets essaiment. « La décarbonation de l’immobilier peut être abordée sous différents angles. Certains pays européens, comme la Suède, la Norvège ou la Finlande, ont misé de longue date sur les énergies renouvelables, réduisant ainsi durablement l’empreinte carbone liée à l’usage de leur immobilier. D’autres, à l’image des Pays-Bas, ont choisi de réglementer directement l’empreinte carbone des matériaux de construction utilisés dans les bâtiments. » explique Cécile Dap, directrice de la Local Carbon Building Initiative et de poursuivre : « Le marché de la décarbonation dans l’immobilier ouvre tout un pan de nouveaux métiers et ce, dans toute l’Europe. Des bureaux d’étude existent aujourd’hui dans toute l’Europe. La dynamique est clairement en croissance ». Qu’en est-il alors des nouveaux projets ? « Bien sûr, la rénovation est fondamentale, mais il arrive aussi que l’on doive bâtir du neuf. Et la construction neuve, c’est une opportunité : elle permet d’avoir les mains libres, d’intégrer dès le départ les dernières technologies et de montrer concrètement ce que nous sommes capables de réaliser. Ces derniers temps, nous avons donc beaucoup travaillé sur la construction bas carbone. La question que l’on nous pose souvent, c’est : est-ce que cela coûte plus cher ? La réalité, c’est que tout dépend du moment où l’on intègre la réflexion sur la décarbonation. Si l’architecte et le maitre d'oeuvre se posent les bonnes questions dès la conception, on peut atteindre aujourd’hui des performances excellentes avec seulement 2 à 3 % de différence par rapport à une construction classique. On parle donc d’un surcoût marginal, qui tend d’ailleurs à diminuer, et qui ouvre la voie à des bâtiments réellement exemplaires sur le plan environnemental. » témoigne Stanislas Pottier, Président de l'association BBCA.


Réinventer les usages et donner du sens


Au-delà des chiffres, la transition bas carbone touche au cœur même de la signification des métiers. Les compétences évoluent et de nombreuses formations adressent aujourd’hui des professionnels du secteur pour se former tout au long de la vie. « Il s’agit avant tout d’offrir du sens à sa profession. Il faut faire les choses parce qu’on les aime, parce qu’on peut rentrer le soir et être fier d’avoir permis à un logement de réduire sa consommation énergétique, d’avoir aidé des ingénieurs à trouver une solution adaptable, ou encore d’avoir donné à un maire et à ses élus la possibilité de présenter à leur population, avec des technologies adaptées, un projet qui leur correspond. Il s’agit aussi de créer de l’identité dans chaque projet, pour que chacun se sente concerné, investi dans la mission et puisse y mettre sa petite graine. » témoigne Frank Ndagssi, Chargé d’Optimisation énergétique & Processus à la Ville d'Évry-Courcouronnes et ancien élève du Mastère spécialisé Immobilier et Bâtiments durables de l’École nationale des Ponts et Chaussées. Être acteur du bas carbone, c’est désormais participer à une mission collective, où chaque projet contribue à améliorer la vie des habitants et à renforcer la résilience des territoires. C’est ainsi que l'Îlot Fertile a vu le jour. L’utilisation de 10 000 m² de pierre massive couplée à un pilotage précis des consommations et d’efforts pour réduire les consommations énergétiques de ce bâtiment en ont fait un pionnier de l’immobilier bas carbone. Aujourd'hui, l’innovation technique et architecturale doit être mise au service de la population. Et l’ancrage territorial est primordial pour atteindre cet objectif. Arnaud Delaune, fondateur de Patrimmovalor, y travaille justement : « Comme de nombreuses universités en France, l’université de Bordeaux voit ses dotations se réduire d’année en année, alors même que ses dépenses et ses besoins demeurent, voire augmentent. Disposant d’un patrimoine foncier conséquent, l’idée est donc de générer des ressources financières de façon intelligente et utile, en cohérence avec sa mission d’enseignement supérieur, de recherche et de formation. Concrètement, les laboratoires et bureaux implantés attireront des start-up technologiques dans les domaines d’excellence de l’université. Les loyers qu’elles verseront constitueront des ressources de fonctionnement, tandis que leur présence dans ce microcosme leur permettra de côtoyer étudiants, chercheurs et enseignants, facilitant ainsi leurs recrutements et l’identification de profils stratégiques à moyen terme. » A Paris, à l’occasion du centenaire de la Cité internationale universitaire, l’installation Le Parlement des vivants a été construite en pisé (terre crue compressée, à faible empreinte carbone) par le cabinet d’architecture Farret~Thomas. Elle prend la forme d’un bestiaire de petites architectures disposées autour de cinq arbres, dessinant une agora ouverte où visiteurs humains et habitants non-humains peuvent se rencontrer, observer et cohabiter. La réhabilitation est un autre levier puissant. « Si on vise la ville neutre en carbone, nous devons nous baser sur le bâti déjà existant. La requalification environnementale a pour objectif de donner de nouvelles performances à des bâtiments qui n’avaient pas cette ambition à l’origine », prévient François Pélegrin, architecte. Le futur ne réside donc pas seulement dans la construction neuve, mais dans la capacité à réinventer l’usage du patrimoine existant en proposant d’importants standards énergétiques. Cette logique territoriale est également au cœur de l’action de Lise Mesquida avec son association Deuxième Acte : « Nous souhaitons réhabiliter les entrées de ville en France. Elles représentent un gisement foncier de 80 000 hectares à transformer. C’est un sujet urgent, mais complexe, car ces fonciers sont entièrement privés et les coûts pour la puissance publique sont trop élevés. Notre enjeu est de mettre cette transformation au premier plan, de fédérer les professionnels et d’outiller acteurs publics comme privés afin de créer un véritable collectif. » L’immobilier bas carbone ne se limite donc pas à réduire des émissions. Il devient un outil de transformation urbaine, de revitalisation des territoires et de revalorisation de l’identité des territoires.


Miser sur les talents

Filière d’avenir, l’immobilier bas carbone pourra miser sur des talents en développant leurs compétences. La pluridisciplinarité est de mise, d'autant que la pénurie des talents concerne aussi ce secteur. « La tension touche absolument tous les métiers. On pourrait croire qu’il s’agit seulement de quelques secteurs en tension, mais ce n’est pas le cas. Que ce soit en région, où l’attractivité est parfois plus difficile, ou même en région parisienne, nous rencontrons les mêmes obstacles. Pourquoi ? Parce que les profils que nous recherchons sont souvent très qualifiés. La difficulté ne tient donc pas uniquement au nombre de candidats, mais aussi à la rareté de certaines expertises » souligne Isabelle Artaz, Responsable recrutement et marque employeur du Groupe Intuis. D’où les engagements pris par les entreprises : former leurs collaborateurs en interne, créer des passerelles utiles ou encore renforcer les partenariats avec des écoles autour des métiers en tension mais aussi des métiers en devenir. Architectes, ingénieurs, juristes, financiers : tous doivent apprendre à travailler ensemble. « Concernant l’immobilier bas carbone, les expertises sont là, les acteurs sont mobilisés. L’enjeu désormais c’est de faire travailler ensemble les différentes expertises et les différents métiers. » rappelle Isabelle Marandet, Responsable Régionale Prescription Placo® Isover Sud Est, Saint-Gobain. Former, c’est aussi anticiper les besoins futurs d’une filière en expansion. « Ingénieurs carbone, spécialistes matériaux comme le bois ou la terre crue, financiers spécialisés dans les critères ESG, experts en adaptation climatique… Ce sont autant de compétences nouvelles indispensables » souligne Cécile Dap. Des formations qui ne se limitent pas aux savoirs techniques. « Les soft skills sont très importantes » insiste Céline Willaume, DRH chez KONE. En misant sur la formation initiale et continue, en intégrant les jeunes générations mais aussi les reconversions professionnelles, la filière se prépare à relever un défi de long terme. « Le changement climatique ne s’arrêtera pas demain. Nous avons encore besoin de vous pour les 50 à 100 prochaines années. Il y a de la place pour tout le monde, à condition d’accepter de continuer à apprendre » conclut Frank Ndagssi.

 
 

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