Green IT : entre structuration des entreprises et actions concrètes
- 4 juin 2025
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Face à l’urgence climatique et aux nouvelles exigences réglementaires européennes, le numérique responsable s’impose peu à peu comme un enjeu de gouvernance majeur pour les entreprises. Il y a urgence : le secteur numérique doit réduire ses émissions de 45 à 62 % entre 2020 et 2030 pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.¹ Désormais, la stratégie Green IT dépasse la simple logique de conformité : elle devient un levier de performance, d’innovation et de résilience. Zoom sur les initiatives, les outils et les défis qui structurent cette transformation.

Enjeu de gouvernance des entreprises
Le Green IT s’impose désormais comme un enjeu clé de gouvernance. Conscient de la nécessité de structurer leur approche liée au numérique responsable, les dirigeants s’en emparent. Ainsi, aujourd’hui 39 % des entités ont nommé un responsable GreenIT, contre 27 % il y a 5 ans. Autre élément révélateur : 73 % d’entre eux siègent au COMEX contre 21 % en 2020.² Une évolution largement portée par de nouvelles obligations réglementaires, notamment au niveau européen. La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) exige que les entreprises rendent compte de nombreuses mesures liées à la durabilité notamment les émissions du Scope 3, dont font partie l’empreinte écologique des technologies de l’information. S’engager dans une stratégie Green IT permet aussi de renforcer sa résilience, tout en réduisant sa dépendance aux ressources critiques comme les terres rares.
Des solutions existent et sont mises en place
Aujourd’hui, 59 % des entreprises intégrant des applications numériques adoptent au moins une bonne pratique Green IT, elles n’étaient que 34 % cinq ans plus tôt. En réalité, de plus en plus d’entreprises proposent des solutions innovantes pour aider les organisations à tendre vers une démarche Green IT. Parmi elles, Greenweb mise sur Digital Forest, un hébergement web à la fois écologique, éthique et souverain. Grâce à une infrastructure optimisée — serveurs recyclés à 98 %, énergie renouvelable, refroidissement naturel —, les clients réduisent par cinq leur empreinte environnementale.. GreenWeb propose également Green IT Impact, un outil de mesure d'impact environnemental du numérique et pour faciliter le déploiement d’une démarche Green IT dans l’entreprise ou la collectivité. Résultat : jusqu’à 40 % d’impact environnemental en moins et 30 % d’économies sur les budgets informatiques. Preuve qu’une démarche Green IT peut aussi rimer avec efficacité économique. Des entreprises, comme Décathlon, sont à l’avant-garde sur ces sujets. « Dès le départ, Decathlon a saisi que l’enjeu ne se résumait pas à réduire l’empreinte du numérique. D’où ce double leadership pour inscrire la stratégie dans une vision plus large qui prévoit l’utilisation des outils numériques pour soutenir l’innovation responsable », explique Nathalie Otte, green IT project leader.³ En termes de numérique responsable, l’entreprise mise sur la sensibilisation. Un réseau mondial de 25 ambassadeurs sensibilise aujourd’hui les collaborateurs à tous les niveaux. Un programme de formation adapté en fonction des différents métiers a également vu le jour. Comme d’autres, l’entreprise est toutefois confrontée au défi de la mesure d’impact de son action en faveur d’un numérique responsable. « Mais cela ne nous empêche pas de continuer à agir selon le principe du bon sens. De la même façon, nous sommes tout à fait conscients que certains choix en faveur du numérique responsable impactent notre compétitivité sur le marché. Mais nous les assumons complètement parce que nous avons décidé de privilégier la pérennité et la responsabilité environnementale sur le gain à court terme », poursuit Nathalie Otte.⁴
Outre sa stratégie complète en matière de Green IT et d’inclusion numérique, le Groupe Laposte a également établi des critères en matière d’achat responsable pour l’IT. Que ce soit en termes d’hébergement, de logiciels ou de hardware, l’ensemble des achats IT sera progressivement rendu plus responsable et intègrent dès aujourd’hui les axes de la politique d’achat responsable.
Poursuivre les efforts
Reste que des points noirs subsistent. A commencer par la gestion de fin de vie des équipements informatiques. Les filières de collecte et de recyclage sont toujours peu développées. Les entreprises doivent assurer elles-mêmes le traitement des équipements obsolètes générant un surcoût. Seulement 36 % des entreprises confient leurs équipements à un éco-organisme alors qu’elles expliquent être 64 % à connaître la réglementation sur les déchets électroniques… Des efforts qui peuvent d’ailleurs être rentables puisque 69 % des dirigeants considèrent aujourd’hui l'éco responsabilité comme une opportunité de croissance économique.⁵
En cette Journée mondiale de l’Environnement, rappelons-le : le numérique ne doit pas être un problème de plus à résoudre, mais une partie de la solution. Entre innovation responsable et sobriété technologique, les entreprises ont entre leurs mains un levier puissant pour préserver ce que nous avons de plus précieux : notre planète.
¹SBTI



